Comment blâmer les mères qui ont renoncé à arracher leurs enfants à la télévision ? Les chaînes déploient toutes les ruses pour appâter les familles dès le matin et les annonceurs les y encouragent. Si l’on veut faire patienter les plus jeunes pendant que leurs frères aînés se ruent sur le bol de céréales, le dessin animé est devenu le recours obligatoire. Dans certains foyers, on voit des bambins de 5 ans hirsutes, recroquevillés sur le canapé, le pouce aux lèvres et le doudou sous le bras, regarder des histoires de princesses galactiques pendant que la maisonnée s’éveille.
 
Un jour, Albert fait la queue à la préfecture, son ticket numéroté à la main. Devant lui une enfant noire jette son lapin par terre. Il ramasse la peluche, se penche, se re-penche, la mère parle à son enfant en créole ou en walof . Pour être agréable, le vieux monsieur, cravaté, peigné de frais, lui demande d'où elle vient. A quoi elle répond offensée:
-De Montreuil.
-Je veux dire, insiste Albert, d'où êtes-vous originaires?"
Question importune, intolérable, scandaleuse, presque passible de la correctionnelle. La mère hésite à faire constater l'offense.
 
A l'heure où le débat sur l'euthanasie se répand jusqu'à susciter de curieux retours en arrière de l'opinion comme en Belgique, personne (sauf les écrivains visiblement) ne consent à poser la question des substances encore illicites comme le DMT (Diméthyl Tryptamine) qui permettent, selon tous les témoignages, de jeter un coup d'oeil sur le double fond de la conscience et de vivre une véritable "expérience proche de la mort" pendant cinq minutes.
 
Extrait du Troisième age est un tiers état:
Nicolas-René se met donc en quête d'un magasin Audi-Machin pour son ami Albert. Il en trouve un à deux pas, dans un centre commercial voisin où ils se rendent tous les deux, pour apprendre stupéfaits qu'une paire d'appareils coûte le prix d'une voiture d'occasion. Albert est prêt à signer le chèque tout de suite mais son ami le retient.
 
Voilà des années qu'on nous rabâche que les mamies sont formidables et qu'on les voit faire de la course à pied . Voilà plus d'une génération que l'on dit aux vieux "soyez comme nous, essayez de rester semblables aux adultes d'âge mûr, ou disparaissez". L'un des premiers résultats (nous le voyons dans cet épisode à la fois pittoresque et pitoyable de la veille dame qui manifestait contre une coupe d'arbres dans sa ville) est que dans l'esprit du CRS élevé en batterie,
 
 
Vous n'ignorez pas, et vous me dites, que le LSD, entre autres substances connues des médecins de votre âge, permet d'obtenir des résultats voisins , un enrichissement des couleurs et des sons. Non seulement cet argument n'est pas une objection mais je le prolonge en vous citant une autre substance, autrement plus intéressante, le diméthyl tryptamine (DMT), un dérivé de la tryptamine dont la chaîne moléculaire a été modifiée, une substance présente dans le corps humain et secrétée par l'épiphyse.
 
Les gens irrités par la publicité récente où l'on voit un vieux monsieur, tout animé par la convoitise et l'égoïsme, faire trébucher sa femme, à coups de canne, sur le chemin d'un paquet de chips, ont bien raison de soupçonner ce film de manquer d'innocence : il s'agit de compromettre, dans l'esprit de la ménagère de moins de cinquante ans, l'image du vieillard qui résiste à ses pulsions, qui doute et qui reste digne au milieu de la folie consumériste.
 
La vieillesse elle-même est pauvreté chez tous les hommes, cela va de soi. mais aux classes moyennes ou aisées, la société moderne permet au moins de nourrir une dernière illusion sur cette pauvreté-là. La médicalisation de leurs maux leur permet de croire qu'ils en guériront. Le marché de la santé chez les vieux, par les plantes, les cures thermales, la thalassothérapie, les services spécialisés des hôpitaux, est devenu un secteur d'avenir. Les jeunes médecins s'orientent volontiers vers la gériatrie, naguère méprisée parce qu’elle ne réclamait aucune spécialisation, désormais considérée comme une filière véritable, demain sans doute regardée comme l’honneur de la médecine moderne. Derrière eux s’engouffrent toutes sortes de gens peu recommandables qui tirent profit de la naïveté de leurs patients et de la complicité des médecins pour organiser des séances de musicothérapie, d’ergothérapie, de ludothérapie, etc., de sorte qu’il est probable qu’un jour ou l’autre, le fait d’aller passer une semaine au Maroc prendra le nom de « voyageothérapie ».

Mais les vieux qui n’ont pas les moyens de cette pieuse hypocrisie sont obligés de reconnaître, dans la vieillesse, l’ultime étape d’une pauvreté qu' connaissent déjà, puisque, pour la plupart, ils l'ont vécue dans l'âge mûr.
 
Une mésaventure signifiante est arrivée à l'auteur, celle d'un entretien avec le Figaro relatif à son avant-dernier livre, "Tous les hommes naissent et meurent le même jour", entretien dont une version initiale a été caviardée après plusieurs heures de publication parce qu'elle faisait mention d'une substance secrétée par le corps humain, le diméthyl tryptamine
 
L’apparition dans un ouvrage polémique d'un néologisme forgé pour désigner une société réactionnaire a le discrédit sur la notion même d’un gouvernement par les vieux. Depuis lors, il est devenu - du moins pour le lecteur des journaux du soir - notoire et quasi indiscutable que la vieillesse n’est capable de rien, surtout pas de gouverner, et que sa participation aux affaires est la promesse d'une ère de conservatisme imbécile et dangereux.
 
L'auteur s'entretiendra en direct avec Patrick Poivre d'Arvor à propos de son dernier livre "Le troisième âge est un tiers état", paru aux éditions du Cerf. Dans un contexte politique favorable à l'émergence d'une nouvelle classe d'électeurs, celle du baby-boom vieillissant et appauvri par la crise, catégorie de population qui ne pourra sans doute prétendre aux mêmes avantages que ses aînés, le "vote senior" risque de constituer la frange de 10 % la plus convoitée par les partis, et pas seulement pour des questions de pouvoir d'achat. La question du sens de la vie peut ressurgir dans les esprits à la faveur d'une situation sociale inédite.
 
Pendant trois ans, le docteur G., chirurgien, ancien interne des hôpitaux de Paris, au terme d'une longue carrière passée en banlieue parisienne, assiste impuissant à la dérive de son épouse vers un syndrome d'Alzheimer. La résurgence d'un cancer du sein finit par écourter la débâcle neurologique et la vieille dame se retrouve au service d'urgence d'un hôpital kafkaïen de la Banlieue où le couple est reçu par un médecin d'origine égyptienne.
 
Quand on regarde le visage de ceux qui prétendent se pencher sur la condition des vieux, sur leur emploi, leur chômage, leur logement, leurs angoisses devant le manque d'argent etc, on est frappé de voir que l'apparence des bons apôtres qui nous gouvernent est la négation même de la compassion qu'ils prétendent nourrir à l'égard des têtes blanches qui n'ont plus un radis. On est frappé aussi de s'apercevoir qu'ils n'ont jamais été pauvres eux-mêmes. Ils n'ont jamais encouru le moindre risque de le devenir. Les chiffres varient quant à la retraite de François Hollande mais ce ne sera pas moins de 17 000 euros. Les opinions varient aussi sur le genre de produit l'Oréal qu'il utilise mais nous sommes très loin du respect que l'on doit à la nature, au vieillissement naturel des cellules, à l'acceptation d'une certaine décrépitude comme source d'une philosophie de la vie. Qu'il s'agisse des hommes ou des femmes, on observe parmi le personnel politique une véritable horreur de l'âge qui se manifeste par toutes sortes d'expédients destinés à le conjurer. Eh bien les électeurs qui commencent à passer la soixantaine avec la simplicité et la patience que réclame leur nouvelle condition risquent, le jour venu, de s'en souvenir.
 
Les chômeurs coincés dans les sables mouvants avant l'âge légal de la retraite, et qui comptent sur le gouvernement pour leur lancer une corde, risquent de s'apercevoir qu'au bout de la corde il n'y a personne. Il n'est pas besoin de chercher longtemps, il suffit de consulter le site d'annonces de reclassement des agents contractuels du ministère des Affaires étrangères.
 
Certaines caisses expliquent par "la mensualisation" le fait de priver leurs pensionnés de deux mois de revenus 2015 pour les faire basculer sur 2016. On imagine que pour une personne âgée qui est à la limite de flottaison financière et psychologique cette mauvaise action a des conséquences graves. La caisse n'a pris aucune mesure de précaution pour les pensionnés au delà de 85, c'est à dire particulièrement dépendants, elle n'a pas isolé non plus les veufs, elle se justifie en disant qu'elle ne va pas téléphoner à tout le monde et qu'ils n'ont qu'à lire les courriers. Bienvenue dans le mépris à la française.
 
On peut parler d'une véritable bulle économique et financière qui s'est créée autour des années 80, mais la réalité présente est que le marché s'étiole
 
 "Comme c'est un homme angoissé, quand un numéro sonne deux fois sans correspondant, il rappelle aussitôt pour se voir ponctionner de quelques euros par des aigrefins . Le numéro est surtaxé . On le connaît puisqu'il s'affiche. On pourrait donc remonter vers son origine mais personne n'inquiète son détenteur.
 
afin que vous économisiez pour vous payer un avocat-conseil, un professionnel
 
Avec le macaron S, c'est le pompon. Le thème de la dangerosité des vieux au volant refait surface en s'appuyant sur des statistiques scandaleusement biaisées. C'est bien connu, les gens qui reçoivent une contravention pour excès de vitesse ont tendance à prétendre que c'est leur père, 82 ans, et tous ses points, qui était au volant. D'où de fortes pressions pour lui arracher l'aveu administratif d'une faute en vérité jamais commise. Ou bien lorsqu'on va au centre commercial on emprunte la voiture de papa, histoire de lui faire infliger l'amende et le retrait de points si les choses se passent mal. Dans les deux cas, outre la grossièreté du procédé, les statistiques de la dangerosité des vieux au volant se dégradent alors qu'ils n'y sont pour rien.
 
 
"C'est le moment que choisit le président de la République pour annoncer que les salariés de plus de soixante ans pourront désormais partir en formation. Pendant une seconde nos compères se regardent pour vérifier s'ils ont bien entendu.