Cornus, Aveyron, France.

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Copie de documents très anciens concernant Cornus (1070- 1685)
1° Sur la route de Segodunum (Rodez) à Lute-vas (Lodève) nous trouvons aussi Condatomago, qui occupe sur la carte ancienne de la Gallia Bracata, la place que Cornus, petite ville du Vabrais occupe aujourd’hui sur les cartes modernes ». (Bosc, Mémoires pour servir à l’histoire du Rouergue, lre partie : Description topographique du Rouergue, VIII, page 51, 2e édition).
2° La terre de Cornus, dépendance de la vicomté de Creyssel, avait appartenu, vers le milieu du xii* siècle, à Richard de Rodez, vicomte de Lodève.
On pourrait croire, dit M. Gaujal, qu’Ermengarde de Creyssel, sa mère, l’avait apportée en dot au comte de Rodez, Hugues 1er et qu’en 1230, elle rentra dans le vicomté de Creyssel ».
II existait, cependant, une maison de Cornus, antérieurement et postérieurement au mariage d’Ermen-
garde, ce qui paraît indiquer que la branche aînée de cette maison s’éteignit dans celle de Creyssel et qu’après cette époque, les cadets perpétuèrent encore le nom de leur famille.
Vers l’an 1070, Frottard de Cornus, le plus ancien dont il soit fait mention, donna au monastère de Conques et, à l’abbé Odolric, son alleu des Infruts, et nombre d’autres biens en présence de Raymond de Montpaon, d’Emenon de Cabrières et de son fils Guillaume (cartulaire de Conques, 412). Hugues de Cornus assista à un plaid tenu au Caylar, en 1112.
Miro de Cornus vivait en 1132 (d’après les Documents historiques et généalogiques sur les familles du Rouergue dans les temps anciens et modernes », tome I, pp. 277 et suivantes. Rodez, imprimerie Ratery, rue de l’Embergue-gauche, 1853).
3° Hugues 1er, comte de Rodez, eût quatre enfants : 1. Raimond, qui mourut jeune; 2. Hugues qu’il institua son héritier en 1152; 3. Richard, à qui il donna la baronnie de Cornus, dans le Vabrais ; 4. Hugues, qui fut évêque de Rodez.
On ne connaît pas exactement la date de la mort de Hugues 1er. En 1154, de concert avec Ermengarde sa femme, et Hugues leur fils, il restitua à l’abbaye de Saint-Guilhem une partie de l’église de Creyssels (d’après Bosc, Mémoires pour servir à l’histoire du Rouergue, tome II, page 190 ; 2e édition).
4° Un acte des archives de Conques montre que Frottard de Cornus donna à ce monastère ses alleus des Infruts, de las Menudas, de Malpriol et de Negra Bois-siera, déclarant entre autres revenus, dépendant de ses terres, deux fromages, qui doivent lui être payés annuellement par chacune des caves de Roquefort et donat una-quœque cabanna duos fromaticos ». Cette donation est du règne de Philippe, vers l’an 1070, (Bosc, Mémoires…, tome III, 2e édition, page 343).
5° En 1112, se tînt au Caylar, une assemblée dans laquelle, Pierre de Raimond, évêque de Lodève, de l’ancienne famille de Raimond en Rouergue, fut pris pour arbitre, entre les religieux de Joncels, diocèse de Béziers et ceux de Conques, qui se disputaient une certaine église de Saint-Martin <3>.
<3> Cette église pourrait être celle de Canals, toujours dédiée à saint Martin.

Cette assemblée n’était pas encore les états » proprement dits, puisque les trois ordres du clergé, de la noblesse et du tiers état y étaient confondus.
Voici le texte de ce plaid <4> acturn est hoc placi-tum monitu archidiaconorum Ruthenensis ecclesice, Udal-rici de Vezins, et Guillelmi de Montesalvio, anno domini-cœ incarnationis 1112 – signum Pétri Episcopi, Fulconis canonici, Rigaldi salseti, Hugonis de Cornus, Astorii, Agutionis, Pétri ciret Raymundi, Armaldi sancti Tiberii, Bernardi Richardi, militis et cœterorum, qui huic placito adfuerunt » (Bosc, Mémoires.,., 2e partie XVII, p. 112, 2′ édition).
<4> Du latin, placitum, assemblée publique, plaidoyer, audience.

6° D’après les Mémoires de Bosc, 2e partie, IX, p. 80 de la 2e édition, Miro de Cornus, et plusieurs autres seigneurs interviennent, en 1132, à un traité entre Bérenger, comte de Millau et de Provence et Guillaume, seigneur de Montpellier.
7° En 1133, Robert de Cornus et Adélais, sa femme, donnèrent un terrain qu’ils avaient au village de Fangis, et en 1135, tout ce qui leur appartenait au bois des Landes.
Une charte de Sylvanès, de 1152, mentionne les enfants de Robert et d’Adélais, qui s’appelaient Pierre et Guillaume de Montégut, Hugues de Cornus, de concert avec Pétronille, sa femme, donne en 1135, au même monastère et à Désiderius, son abbé, le village de
Falgairettes en alleu avec les terres dépendantes. (Histoire de la fondation de Sylvanès).
En 1207, Guillaume de Cornus fut caution du comte de Rodez, Guillaume, dans un emprunt fait à Guillaume, le Monédié. (Bosc, tome III, p. 195, 2′ édition).
D’après un acte de 1269, nobles Guillaume et Raymond Agals, père et fils, vendirent à cette époque, au comte Hugues, toutes les justices de Cornus pour 500 sous malgoriens. (Archives du Domaine de Montau-ban).
(D’après les Documents historiques et généalogiques sur les familles du Rouergue, dans les temps anciens et modernes », Rodez, imprimerie Ratery, rue de l’Embergue-gauche, 1853).
8° Il paraît que le seigneur de Cornus passa bientôt après dans la Maison de Montcalm, car vers la fin du xiii’ siècle Simon de Montcalm prenait le titre de seigneur de Cornus.
Noble Bernard de Sancède était possesseur de cette terre en 1396 (ancien titulaire de Saint-Véran).
Dès 1676, Michel d’Izam de Villefort se qualifiait seigneur de Cornus et ses descendants en ont fait de même, jusqu’à l’époque de la Révolution ». (Documents…, même référence que ci-dessus).
9° Henri II, comte de Rodez, avait une fille naturelle, nommée Catherine, qu’il avait mariée en 1282 avec Raymond de Millau, à laquelle il constitua cent mille sous malgoriens et deux cents livres de rente annuelle, qu’il lui assigna sur les péages de Creyssels, du Larzac et des Enfruchs. (Bosc, tome II, p. 212, 2′ édition).
10° Cornus fait partie du diocèse d’Arisitum. (Histoire de l’Eglise du Rouergue, par l’abbé Servières, Carrère, 1874, p. 59). f
La position géographique exacte de cet évêché n’est pas encore totalement relevée, mais d’après une étude
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parue dans la Revue historique du Rouergue en 1921, il est permis de croire que cet évêché comprenait le pays d’Hierle, le Vigan, Roquedur, Sumène, Aumessas, Alzon, etc., l’ancien diocèse d’Alais et tout le plateau du Larzac.
A cette époque, 15 paroisses du Larzac furent détachées du diocèse de Rodez, pour aider à former l’évêché de Arisitum.
Il est à noter que l’ancien Larzac comprenait alors une étendue plus grande que le Larzac actuel ; on y rattachait notamment le territoire appelé aujourd’hui le Causse Noir, et Montpellier-le-Vieux.
Le siège de cet évêché était, probablement, le Vigan.
11° Sous l’épiscopat de Jacques de Corneilham, évêque de Rodez (1560-1582) et de Vabres (1553-1562), les calvinistes s’emparent de Cornus et y laissent un ministre et une bonne garnison. (Histoire de l’Eglise du Rouergue, par Servières, Carrère, 1874, p. 387).
L’Edit d’Amboise promulgué en 1563, en faveur des Réformés, fut impuissant à apaiser la guerre civile.
Des calvinistes de Cornus, attirés au château de Sorgues, la même année, y sont mis à mort, (idem, p. 397).
En 1561, l’évêque de Lodève, Pierre de Barrault, qui était venu mettre le siège devant Cornus, fut repoussé par les calvinistes, (idem, p. 401).
Louis XII accorde la paix aux calvinistes (Nîmes, 1629).
On voit dans cet édit de pacification que les villes du Rouergue qui tenaient pour les calvinistes étaient Millau, Saint-Affrique, Saint-Rome-de-Tam, Cornus, le Pont-de-Camarès. (Idem, p 441).
L’assemblée générale du clergé de France, outre la fameuse déclaration, avait rédigé un avertissement pour inviter, paternellement, les protestants à rentrer dans l’unité de l’Eglise.
Cette pièce fut adressée à tous les consistoires du Royaume.
Les consistoires de Saint-Jean-du-Bruel, de Cornus, et de Millau, assemblés en 1683, dans le temple de cette dernière ville en présence de deux délégués des évêques de Rodez et de Vabres, reçurent cette communication et n’y répondirent que par un froid dédain.
Deux ans après, le 11 septembre 1685, les calvinistes de Millau se réunirent à l’hotel de ville et déclarèrent qu’ils voulaient abjurer l’hérésie de Calvin et rentrer dans le sein de l’Eglise romaine ; l’acte de rétractation fut signé le jour même.