Cornus, Aveyron, France.

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Des papiers conservés dans nos archives paroissiales attestent l’existence de deux églises à Cornus, au Moyen Age : l’une dédiée à Notre-Dame et l’autre au Saint-Sauveur. L’emplacement de cette dernière peut être localisé dans le champ, qui, de nos jours, est encore appelé Saint-Sauveur ».
Quant à l’église Notre-Dame, elle occupait la place de l’église d’aujourd’hui et elle était bordée du côté du midi par le cimetière que ceinturaient les remparts en bordure du ruisseau.
La terre du cimetière avait servi à protéger la voûte de la toiture ; selon une méthode en usage, les voûtes étaient recouvertes de terre, qui remplaçait la volige et isolait du froid et du soleil.
Lorsque en 1952-1953, furent entrepris les travaux de réfection de la toiture, ces mètres cubes de terre qu’il fallait enlever, compliquèrent, sérieusement, le travail.
Et quelle ne fut pas notre surprise, de découvrir au milieu de cette terre, des ossements humains u. Ces ossements humains sur le toit de l’église ne pouvaient provenir que du cimetière tout proche.

Nous n’avons pas de détails concernant la destruction de ces deux églises : ce qui est sûr c’est qu’à la fin des guerres de religion, elles n’existaient plus et l’église actuelle date de cette époque. Bien que dédiée, à Saint-Pierre-ès-Liens, on a conservé, à Cornus, la coutume de la fête de Notre-Dame de l’Assomption.
C’est sans aucun doute, en souvenir de l’église Notre-Dame. Cette fête votive du 15 août est très ancienne et très connue dans la région.
Voici, à ce sujet ce qu’a écrit l’historien Alexis Monteil dans son livre Description du Département de l’Aveyron » Vers la fin de thermidor (ce mois commençait le 20 juillet pour se terminer le 18 août), c’est-à-dire le 15 août, on célèbre à Cornus, une fête dont la durée se prolonge pendant huit jours.
La jeunesse des deux sexes s’y rend en foule, de plusieurs lieues à la ronde. Tous les genres de divertissements s’y succèdent, sans interruption ; que le peuple de ces contrées conserve soigneusement cette fête ; ce sont huit jours de plaisirs arrachés à chacune de ses années de peine », c’est ce qu’a écrit l’historien Monteils et c’est peut-être, ce qui explique en partie, la grande renommée de ces fêtes du 15 août, toujours conservées et maintenues, sans interruption, à Cornus.
Procès-verbal de la consécration de l’église actuelle
(1688)
Louis de Baradat, par la miséricorde de Dieu, et ordination apostolique, évêque, comte et seigneur de Vabres, commandeur de l’Ordre du Roi, abbé de l’abbaye royale Notre-Dame de Clairmont, salut et bénédiction en Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui est le salut universel de tous.

Dieu, par sa bonté infinie, ayant rendu la paix à son Eglise, laquelle il a rachetée par ce précieux sang de Jésus-Christ, son fils unique, et excité la piété de
notre invincible monarque, Louis quatorzième n, roi de France et de Navarre, régnant, celui-ci pour réunir les cœurs de son Royaume et les offrir avec toute la maison Royale, par l’uniformité d’une même foi et d’une même religion, a voulu de sa main libérale rétablir les églises et autels bouleversés dans toute l’étendue de ses états.
Ce qui nous a porté à une correspondance de respect et de devoir.
C’est pourquoi, nous nous sommes transportés dans la ville de Cornus pour y recevoir et visiter l’église que ce grand Prince a désiré être dédiée de nouveau et consacrée au Dieu de l’Immortalité. Aussi après avoir examiné ce superbe bâtiment et l’ayant trouvé dans la décence et conformité de la Sainte Eglise catholique, apostolique et romaine, les clefs nous ayant été mises entre les mains par Monsieur de Bariac, chevalier seigneur du Bruel Castel et autres lieux, sous-délégué de M. le marquis de la Cérabère, intendant, pour sa majesté dans les provinces de Guyenne en Rouergue, actuellement en cour, le tout en présence du clergé, de M, Dissié, pour M. D’ Izam seigneur du dit lieu, nous évêque, pour n’apporter aucun retard aux ordres et désirs très chrétiens de sa Majesté, avons commencé nos cérémonies, en la forme de notre Pontifical, le 24′ jour du mois de juillet 1688, et consacré cet auguste temple, le 25′ jour du même mois, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, par l’intercession de l’incomparable Marie toujours vierge, sous le titre du glorieux saint Pierre, prince des Apôtres et patron et bénit les deux chapelles de la même église, à savoir, celle en entrant du côté de l’épître en l’honneur de la Sainte Vierge, l’autre du côté de l’Evangile, sous l’invocation du glorieux archange saint Michel, patron de baptême de M. d’Izam, seigneur dudit lieu, lequel nous a requis et fait <10>
<10> Sur la clé de voûte de l’édifice, à l’entrée du sanctuaire, on peut lire l’inscription, latine suivante : Vivat Ludovicus Magnus, 1688 ».

requérir que ce privilège lui soit accordé, pour l’usage de sa piété et religion, ce que nous avons fait, très agréablement, après qu’il nous a promis d’entretenir avec décence et décoration, la dite chapelle.
Ainsi, la cérémonie achevée, la parole de Dieu annoncée, nous avons ordonné qu’à perpétuité, tous les dimanches de l’année, le psaume Exaudiat » avec la collecte et antienne de Saint Louis, roi de France, soit chanté, à la fin de la grand’messe, et ce soir, après vêpres, l’exposition du Très Saint Sacrement, par forme de salut, avec la bénédiction sur le peuple.
Ce que nous avons semblablement commandé et après le chant du Te Deum » en action de grâces pour la conservation de notre monarque, toujours auguste, Louis le Grand, avons ordonné notre procès-verbal être lu et enregistré aux archives de la maison de Ville.
En foi de quoi, avons signé le présent de notre main et scellé du sceau de nos armes et contresigné par le secrétaire de notre chambre épiscopale.
Donné à Cornus, le 26 juillet 1688,
Louis, évêque, comte de Vabres.
Par le commandement de Monseigneur,
Dieudonné, secrétaire.