Cornus, Aveyron, France.

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Le protestantisme s’implanta, à Cornus, vers 1562 et y régna en maître, pendant 70 ans.
D’après le chanoine Servières, ce furent deux jeunes calvinistes du Béarn, nommés Sarrazin et Laporte, revenant de Genève en 1558, qui, les premiers, importèrent en Rouergue, les doctrines de la religion réformée.
Jeanne d’Albret, reine de Navarre et comtesse de Rodez, la mère du futur roi de France, Henri IV, elle-même, protestante, fanatique, usa de toute son autorité et parfois des moyens les plus violents pour implanter dans notre pays, les idées nouvelles.
Dès 1561, la ville de Millau avait abjuré en masse le catholicisme ; l’année suivante, les calvinistes se mirent en campagne pour réduire les places des environs, qui tenaient pour les catholiques.
Us s’emparèrent de Compeyre, Saint-Georges, Creis-sels, Camarès, Cornus, et Saint-Rome de Tarn, ayant soin de laisser dans chaque localité, un ministre et une bonne garnison.
L’auteur des Mémoires d’un calviniste de Millau » est obligé d’avouer que c’étaient des temps fort calamiteux et misérables.
On peut dire en effet que l’avènement du protestantisme à Cornus et dans la région marque une des époques les plus troublées et les plus malheureuses de notre histoire locale.
Le même calviniste de Millau raconte, que le 13 octobre 1568, Pierre de Barrault, évêque de Lodève, fit assiéger Cornus avec quatre ou cinq cents hommes.
Les habitants se défendirent vaillamment et demandèrent du secours à Millau, qui envoya cent hommes et
soixante chevaux sous la conduite de Monsieur d’Arpajon…
Qui était ce M. d’Arpajon ? Jean IV d’Arpajon était le fils de Jacques d’Arpajon, seigneur de Sévérac, et de Charlotte de Castelpers.
Cette femme, fanatique protestante, fît de ses enfants de zélés calvinistes et contribua beaucoup à entraîner dans l’hérésie toute la famille d’Arpajon.
Elle passa sa vieillesse dans le château de Duren-que, où elle testa en 1581 ; elle mourut en 1588. Son fils, Jean d’Arpajon, était un homme dur et cruel, même pour ses corréligionnaires ; c’était, lisons-nous, dans les Mémoires d’un Calviniste », un grand tyran malicieux, fastasque, subject à la lune, très avare et ne cherchant en tout que ses intérêts.
Il prit une part très active aux guerres de son temps, non seulement, en Rouergue, mais encore dans le midi de la France.
Il fut nommé commandant en chef des armées protestantes de la Haute-Marche dont Millau était la capitale. A ce titre il devait recruter des soldats, les équiper, les entretenir et les payer. Le 3 novembre 1567, il assiégea la place forte de Compeyre, il la prit en peu de temps, la saccagea de fond en comble, surtout l’église et tout ce qu’elle contenait : 22 prêtres furent amenés à Millau, deux à deux, attachés avec des cordes ; la plupart furent mis à mort.
L’année suivante, en octobre 1568, comme nous l’avons dit, plus haut, Jean IV, marche sur Cornus, dont l’évêque de Lodève faisait le siège.
Malgré un orage qui détrempa sa provision de poudre et empêcha les soldats de se servir des armes à feu, d’Arpajon obligea l’évêque, Pierre de Barrault, à s’éloigner.
En janvier 1569, le seigneur de Sévérac alla assiéger
le château de Palmas : il fit massacrer la garnison et les prêtres qui s’y trouvaient.
Le 6 février, étant à Millau, il tua sans motif Mont-rozier le chef de son infanterie, cet acte de cruauté révolta ses amis eux-mêmes et le Calviniste de Millau » vit un juste châtiment de ce crime, dans la mort de Jean d’Arpajon, survenu peu de temps après.
Ce 22 avril 1569, il se trouvait devant Montech, près de Montauban, dont il faisait le siège, voyant que les habitants se défendaient avec beaucoup de courage, il prit son bonnet blanc, afin de ne pas être reconnu et se posta derrière la muraille d’un jardin, d’où il dirigea l’attaque avec une nouvelle vigueur. Mais il fut frappé à la tête d’un coup d’arquebuse et tomba mort.
Trois jours après, les capitouls  de Toulouse écrivaient à leur archevêque, le cardinal d’Armagnac, ancien évêque de Rodez, pour lui annoncer cette mort nous pensons que vous serez joyeux, parce que c’était un personnage qui avait fait beaucoup de maux ».

Beaucoup de mes lecteurs connaissent la Baume Auriol . Cette ferme située, sur le rebord du plateau, d’où l’on découvre la meilleure vue du cirque de Nava-celle, un des sites les plus extraordinaires de la région des Causses : ce cirque creusé comme à l’emporte-pièce dans les calcaires du Larzac, à plus de 400 mètres de profondeur, a été formé par un méandre parfaitement régulier et presque fermé de la Vis <9>, qui a fini par couper l’isthme étroit de la presqu’île quelle franchit par une cascade.
A proximité de la Baume Auriol, on peut visiter la grotte des Camisards. Tout le monde a entendu parler de cette guerre des Camisards, qui ravagea les Cévennes et des régions proches de Cornus.
Après la révocation de l’Edit de Nantes, (1685) les catholiques et les protestants du Rouergue manifestèrent un loyalisme à l’égard de la monarchie de Louis XIV.
A Cornus, l’église qui avait été démolie, pendant les guerres de religion, fut reconstruite par la famille de Villefort et les nouveaux convertis de la localité ; et, en 1688, Monseigneur de Baradat, évêque et comte de Vabres, vint consacrer le nouvel édifice.
Quatorze ans plus tard, éclata, dans les Cévennes, la révolte des Camisards, mais les Cornussols, comme leurs voisins de Millau, Saint-Afïrique, Camarès, restèrent sourds aux appels de l’insurrection des fanatiques révoltés, qui tenaient, à cette époque, tout le massif de l’Aigoual, l’Espérou et terrorisaient la région de Saint-Jean-du-Bruel.
La guerre des Camisards, immortalisée par le roman célèbre de Lamothe, fut une explosion de rage anticatholique, habilement préparée, par la diffusion de livres incendiaires et de lettres perfides, écrites par les ministres émigrés, qui en avaient inondé les Cévennes.
Une légion de prophètes et de prophètes ses appuyèrent le mouvement et s’élancèrent dans ce nouveau champ de bataille.
La guerre commença en Lozère, en juillet 1702, par l’assassinat de l’abbé du Chaila, prédicateur de missions. Une troupe armée de 200 calvinistes partit de Barre des Cévennes et se rendit à Pont de Mont vert où fut martyrisé le célèbre missionnaire.
Dans la région de Florac, plusieurs autres prêtres et catholiques furent égorgés, mais ce fut, surtout le diocèse d’Alès, qui devint le théâtre des exploits sangui-
naires des Camisards, une trentaine de prêtres furent tués et leurs églises brûlées, de nombreux catholiques et des enfants furent massacrés.
En Rouergue, l’intendant, le Gendre, intervint, énergiquement, et en 1704, il réprima quelques tentatives de soulèvement provoquées à Saint-Affrique par Catinat, dit le prophète David et par plusieurs prophétesses de la région, qui étaient en relation avec Cavalier, le chef des Camisards.