Cornus, Aveyron, France.

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M. Col, curé, refusa le serment constitutionnel, ainsi que son vicaire : M. Brun. Le vicaire était encore à Cornus au mois d’avril 1792 puisque à cette date, un ordre d’expulsion fut affiché contre lui sur la porte de l’église : nous faisons savoir à Brun, ci-devant vicaire, qu’il lui est accordé huit jours pour disparaître du pays, sans quoi, ce terme échu, nous allons rompre le fil de ses jours, en lui rompant tous ses membres ». Le 21 pluviôse 1794 (1er février) les citoyens de Cornus, assemblés dans l’église paroissiale, furent mis en demeure de se prononcer sur le culte qu’ils désiraient pratiquer ; sur 136 présents, 72 optent pour le culte de la Déesse Raison, 49 pour celui qui leur peut être désigné par la loi et 15 seulement ont le courage de se prononcer pour le maintien du culte catholique.
Ce fut une apostasie presque générale.
En 1794, deux citoyens suspects, de Cornus, étaient détenus dans la maison d’arrêt de la Montagne <13> (Saint-Affrique) Gamel et Fabry. Gamel, clerc tonsuré était soupçonné d’avoir tiré un coup de feu sur les fenêtres du curé assermenté.
<13> Le nom des saints n’étant pas toléré, Saint-Affrique était devenue Montagne-sur-Sorgue ».

Fabry, procureur de la commune de Cornus, avait été suspendu de ses fonctions de juge de paix et dénoncé, comme gangrené d’aristocratie et de fanatisme.
Sa fille avait été aussi dénoncée comme ayant une influence dangereuse et propagatrice de principes contre révolutionnaire s.
Toute la famille Izarn de Villefort fut incarcérée à Millau. Le père Michel Etienne d’Izarn et son fils Michel Félix avaient été arrêtés, comme ayant refusé le serment requis par la loi, le premier en qualité de commandant, le second comme capitaine de la garde nationale.
Cependant, le 23 vendémiaire 1793 (14 octobre) on remit en liberté, Michel Etienne, âgé de 73 ans, avec sa femme et ses filles, et Michel Félix avec sa femme et ses cinq enfants.
Le 1er vendémiaire an IX (23 septembre 1800) le maire de Cornus, tous les corps constitués et un détachement de la garde nationale se réunissent sur la place publique, autour de l’arbre de la liberté, pour célébrer la fête de la fondation de la République.
Discours du Maire, rendant hommage à la bravoure de nos frères d’armes et au génie de Bonaparte. Applaudissements enthousiastes, le soir, feu de joie, illumination générale et bal public.
Le 16 brumaire an X (8 octobre 1801) célébration de la fête de la paix générale, salves d’artillerie, feu de joie, illumination.
Distribution d’un quintal de vin aux pauvres afin qu’ils puissent participer activement à la joie commune. Lecture sur la place publique de la proclamation des consuls, en présence de la garde nationale en armes. Courses à cheval et courses à pied, A 5 heures, banquet fraternel à la maison commune, auquel sont invités tous les citoyens qui peuvent payer leur écot. Après le banquet, feu de joie, farandoles et danses.
1er brumaire an XII (24 octobre 1803) le conseil municipal vote 588 F, pour meubler le presbytère, et 912 F pour réparations au mobilier de l’église.
15 prairial an XII (5 juin 1804) fête en l’honneur de la proclamation de l’Empire. Discours du Maire, feu de joie, décharge de mousqueterie par la garde nationale. Bal public. (Article paru dans la revue historique du Rouergue » sous la signature de M. le chanoine Hermet, curé de l’Hospitalet, mai 1928).
Le clergé de Cornus, pendant la Révolution de 1789
En cette période très troublée, il est presque impossible de dire si tel ou tel curé s’est prononcé pour ou contre le serment constitutionnel.
On a l’impression que plusieurs étaient hésitants et que quelques-uns signaient puis se rétractaient (ou vice-versa) ensuite. M. Col, né à Saint-Georges-de-Luzençon, fut pourvu en cour de Rome, de la cure de Cornus, le 2 janvier 1783, levêque de Vabres donna son visa le 21, et le 27 du même mois, M. Col s’installa, en présence de MM. Jean Barascud, curé de Saint-Rome de Berlières, Raymond Virenque, curé de Saint-Jean-du-Bruel, François Martin, curé de Canals et Etienne Boudes, curé de Saint-Beaulize.
Quelle fut la conduite de M. Col, pendant la Révolution ? Il est assez difficile de le dire, M. le chanoine Verlaguet écrivait dans le Journal de l’Aveyron » du
a.
19 octobre 1924 : Bonneviale, curé de la Bastide des Fonts fut nommé par le district de Millau (25 novembre 1792) par 35 voix sur 45, contre Antoine Bosc, procuré de Cornus, en remplacement du curé insermenté et de Cot, qui a déserté ce poste, depuis 6 mois et a été nommé curé de la Blaquière, district de Lodève.
D’après cet article, il semble que M. Col, curé légitime de Cornus, refusa le serment constitutionnel, mais le 26 octobre 1924, dans le même Journal de l’Aveyron » M. Verlaguet affirme que M. Col, ci-devant curé de Cornus, par 42 voix, sur 42 votants, fut nommé curé constitutionnel de Saint-Rome-de-Cernon, par le district de Saint-Affrique
Il est donc probable que M. Col refusa d’abord le serment schismatique et que, pour ce motif, il fut remplacé à Cornus, d’abord par Cot, le futur curé de Saint-Jean de la Blaquière, et ensuite par Bosc, mais que plus tard, il prêta le serment, à la suite duquel il fut nommé curé de Saint-Rome-de-Cemon.
D’après les registres paroissiaux, en 1794, un prêtre schismatique, du nom de Saleilles, administra un baptême à Cornus.
Il semble que le curé assermenté, Bonneviale, nommé à Cornus le 25 novembre 1792, par le district de Millau, resta peu de mois dans le pays, puisque l’assermenté Saleilles, d’abord vicaire à Cornus, en fut élu curé, le 5 mars 1793, par le district de Saint-Affrique.
Autant qu’il nous est possible d’en juger, au moyen des documents que nous avons sous les yeux, la paroisse de Cornus fut desservie par plusieurs prêtres schismatiques, pendant les cinq ou six ans, qui séparent le pas-torat de M. Col de celui de M. Comitis. Et c’est sans doute la raison pour laquelle on n’a pas gardé le souvenir dans la région de troubles religieux et de persécution sanglante.